Depuis le printemps 2024, une réforme méconnue bouleverse les droits des salariés français. Des milliers d’employés peuvent désormais récupérer des congés payés perdus lors de leurs arrêts maladie. Mais le temps presse pour faire valoir ces droits.
Une réforme européenne qui change la donne
La France a adopté une loi le 22 avril 2024 pour se conformer aux directives européennes. Cette nouvelle législation autorise les travailleurs en arrêt maladie à accumuler leurs congés payés pendant leur absence.
Le texte présente un avantage majeur : il s’applique rétroactivement depuis le 1er décembre 2009. Quinze années d’arrêts maladie peuvent donc donner lieu à des réclamations.
Combien de jours pouvez-vous récupérer ?
Le calcul varie selon la nature de l’arrêt de travail. Pour un arrêt maladie classique, le salarié accumule deux jours ouvrables par mois d’absence.
Les arrêts liés à un accident du travail ou à une maladie professionnelle bénéficient d’un régime plus favorable. Ils permettent de cumuler deux jours et demi par mois.
Des délais à respecter impérativement
Pour les salariés toujours en poste
Les employés actuellement en fonction disposent d’un délai clair. Ils peuvent soumettre leur demande jusqu’au 23 avril 2026 à minuit.
Pour les anciens employés
Les personnes ayant quitté leur entreprise conservent également ce droit. Elles bénéficient d’un délai de trois ans à compter de la rupture de leur contrat pour solliciter une indemnité compensatrice.
Comment formuler votre réclamation ?
La procédure recommandée passe par l’envoi d’un courrier en recommandé. Béatrice Renard Marsili, juriste spécialisée, conseille : “Faites un courrier […] L’employeur aura l’historique de vos arrêts de travail.”
Il convient de joindre à ce courrier l’ensemble des justificatifs d’arrêts de travail accumulés. Cette documentation permettra à l’employeur de calculer précisément les congés dus.
Le silence embarrassant des entreprises
De nombreuses sociétés n’ont pas communiqué sur cette réforme auprès de leurs salariés. Béatrice Renard Marsili explique : “Beaucoup d’entreprises l’ont gardé sous silence car ils n’avaient pas d’obligation d’information et ça peut leur coûter cher.”
Les employeurs font face à des coûts potentiellement élevés si les réclamations affluent. Certaines grandes structures tentent de repousser les échéances en contestant les demandes.
Que faire en cas de refus ?
L’employeur peut rejeter la demande de récupération de congés. Dans cette situation, le recours aux Prud’hommes devient nécessaire.
Les statistiques montrent que les salariés obtiennent gain de cause dans la majorité des contentieux portés devant cette juridiction. La jurisprudence européenne soutient solidement ces revendications.

