Le dispositif des titres-restaurant connaîtra bientôt des bouleversements majeurs. Alors que la dérogation actuelle expire en décembre 2026, le gouvernement prépare une refonte complète du système qui divise déjà professionnels et économistes.
Un élargissement controversé de l’usage des titres
Une proposition de loi devrait être déposée d’ici l’été 2026 pour pérenniser l’utilisation des tickets-restaurant dans les grandes surfaces. L’objectif : permettre aux salariés de continuer à acheter leurs courses alimentaires avec ces titres au-delà de 2026.
Le texte devrait être adopté avant la fin de l’année 2026. Cette mesure prolongerait ainsi une dérogation temporaire qui arrive à son terme en décembre prochain.
Par voie réglementaire, les détenteurs de titres-restaurant pourront également les utiliser le dimanche. Une annonce que David Lisnard a accueillie avec ironie, évoquant un « grand progrès » de l’utilisation dominicale.
Modernisation et nouvelles possibilités
Le gouvernement prévoit la dématérialisation complète du dispositif. Fini les tickets papier, place aux cartes et applications numériques exclusivement.
Une innovation sociale accompagnera cette réforme : la possibilité de faire don de ses titres-restaurant à une association agréée. Cette mesure vise à renforcer la solidarité alimentaire.
Les restaurateurs montent au créneau
L’élargissement du dispositif provoque la colère des professionnels de la restauration. Frank Delvau, représentant de l’Umih, dénonce une dénaturation du système : « La vraie mesure ici, c’est que le titre-restaurant est transformé en titre alimentaire ».
Les chiffres révèlent l’ampleur du phénomène : en 2024, la grande distribution a capté 30% des dépenses effectuées en titres-restaurant. Un détournement de la vocation initiale selon les restaurateurs.
Les professionnels de l’hôtellerie menacent même d’organiser un boycott. Ils estiment que cette réforme porte atteinte à un dispositif conçu initialement pour soutenir leur secteur.
Des critiques économiques acerbes
Au-delà du secteur de la restauration, des voix s’élèvent contre la logique même du système. L’économiste Sylvain Catherine ne mâche pas ses mots en critiquant ce « délire qui consiste à verser une partie des salaires en tickets trucs ».
Les critiques portent également sur le coût du dispositif pour les finances publiques et son efficacité réelle en termes de pouvoir d’achat.

