Les clients qui ont choisi la formule Tempo chez EDF vont vivre un mois de mars particulièrement coûteux. Avec treize journées à tarification maximale encore à programmer, ils devront adapter drastiquement leurs habitudes de consommation pour limiter la casse sur leur facture énergétique.
Une concentration inhabituelle de jours à prix élevé
Le principe de l’offre Tempo repose sur un équilibre entre 343 jours aux tarifs avantageux et 22 journées où le prix du kilowattheure s’envole, baptisées “jours rouges”. Ces derniers doivent obligatoirement se répartir entre novembre et mars, période hivernale oblige.
Pour l’année 2023, la distribution s’avère déséquilibrée. Novembre n’a enregistré aucun jour rouge, décembre seulement deux, janvier six et février un unique. Résultat : treize journées doivent être placées sur le seul mois de mars.
Des tarifs qui poussent à la sobriété forcée
Durant ces périodes critiques, le coût de l’électricité atteint des sommets. En heures pleines, le kilowattheure grimpe à 70,60 centimes, un montant largement dissuasif pour les usages quotidiens habituels.
Les abonnés n’ont d’autre choix que de modifier radicalement leur organisation domestique. Le “batch cooking” devient la norme, avec des plats préparés à l’avance et réchauffés au micro-ondes. Les lessives se programment exclusivement durant les heures creuses ou sont reportées au week-end.
Une fenêtre de soulagement nocturne
Même en jour rouge, les heures creuses de 22h à 6h offrent un tarif nettement plus abordable à 15,75 centimes le kilowattheure. Cette plage horaire devient stratégique pour les consommateurs avisés qui y concentrent leurs usages énergivores.
Une communauté inquiète mais mobilisée
Sur le groupe Facebook “Tempo EDF”, qui rassemble 62 000 membres, l’inquiétude se fait sentir. Les utilisateurs partagent leurs astuces et leurs préoccupations face à cette concentration inédite de jours à tarification maximale.
Malgré ces contraintes, l’adaptation des comportements permet parfois de réaliser jusqu’à 500 euros d’économies annuelles, un argument de poids pour continuer à optimiser sa consommation.
L’ancienne offre EJP mieux lotie
L’offre EJP, version antérieure de Tempo fermée aux nouvelles souscriptions depuis 1998, fonctionne selon un principe similaire avec 22 jours de prix majoré dans l’année. Ses abonnés encore actifs bénéficient cette fois d’une meilleure répartition.
Pour eux, quatorze jours avaient déjà été programmés avant mars, ne laissant que huit journées à placer en fin de période hivernale, soit presque moitié moins que les clients Tempo.
Un hiver clément qui explique la situation
Cette concentration inhabituelle s’explique en partie par les conditions météorologiques. L’hiver 2023 s’est révélé particulièrement doux, diminuant les besoins en chauffage et, par conséquent, la consommation globale d’électricité.
Cette douceur climatique a permis à EDF de différer l’activation des jours rouges, mais contraint désormais les abonnés à les subir de manière groupée sur le dernier mois de la période réglementaire.

