Une transformation majeure s’annonce pour les millions de salariés français bénéficiant de titres-restaurant. Le dispositif bien connu des travailleurs va connaître une évolution significative, marquant la fin d’une époque et l’entrée dans l’ère du tout numérique.
La fin programmée du support papier
À compter du 1er janvier 2028, les tickets-restaurant sous format papier appartiendront au passé. Le Code du travail redéfinira ce dispositif comme un titre de paiement exclusivement dématérialisé.
Cette transition numérique s’accompagne d’une période transitoire. Les dispositions actuelles resteront en vigueur jusqu’à l’entrée en application des nouvelles mesures, permettant ainsi aux employeurs et aux salariés de s’adapter progressivement.
Un double plafond pour encadrer les dépenses
Les parlementaires ont élaboré un système de limitation à deux niveaux. 25 euros constitueront le plafond maximum pour les consommations dans les établissements de restauration traditionnelle.
En revanche, les achats effectués dans les commerces alimentaires seront limités à 10 euros par transaction. Cette différenciation vise clairement à privilégier le secteur de la restauration.
Un soutien affiché aux restaurateurs
L’objectif affiché reste de favoriser prioritairement les professionnels de la restauration. Cette volonté transparaît dans l’écart significatif entre les deux plafonds proposés.
Extension permanente aux produits alimentaires
L’utilisation des titres-restaurant pour l’ensemble des produits alimentaires deviendrait pérenne. Cette mesure, auparavant temporaire, s’inscrirait désormais dans la durée.
Néanmoins, des exceptions subsisteront. Un décret établira la liste des produits exclus : alcool, confiseries, aliments pour nourrissons et animaux de compagnie ne pourront être achetés avec ces titres.
Une innovation solidaire : le don aux associations
Une nouveauté marque cette réforme : les salariés pourront transmettre leurs titres-restaurant à des associations d’aide alimentaire. Cette disposition renforce la dimension sociale du dispositif.
Des débats parlementaires nourris
Les discussions ont suscité un intérêt considérable. 73 amendements ont été déposés lors de l’examen du texte, témoignant de l’importance du sujet pour les élus.
Plusieurs de ces propositions de modification concernaient spécifiquement la mise en place du système de double plafond, reflétant les préoccupations diverses des représentants.
La position gouvernementale
Serge Papin, ministre des PME, du Commerce et du Pouvoir d’achat, défend une approche équilibrée. Il privilégie le maintien de la flexibilité permettant aux salariés d’utiliser leurs titres aussi bien dans les supermarchés que dans les restaurants.
Le ministre se montre réceptif concernant le double plafond. Il pose toutefois une condition essentielle : cette mesure ne devrait pas engendrer une diminution des avantages accordés aux salariés.
Un calendrier clairement établi
Le gouvernement a fixé une échéance précise. L’ensemble des nouvelles dispositions entrera en vigueur le 1er janvier 2028, laissant plusieurs années aux acteurs concernés pour anticiper les changements.
Durant cette période intermédiaire, la législation actuelle continuera de s’appliquer sans modification, garantissant une stabilité temporaire du dispositif existant.

