Une modification fiscale destinée à encadrer les transmissions d’entreprises provoque un tollé dans le monde économique. Face aux critiques virulentes des professionnels et des chefs d’entreprise, l’exécutif annonce un ajustement du dispositif controversé.
Un mécanisme fiscal dans le viseur de Bercy
Le ministre de l’Économie Roland Lescure qualifie l’opération de simple « toilettage ». Pourtant, la révision envisagée du dispositif fiscal 150-0 B ter soulève de nombreuses inquiétudes parmi les dirigeants.
Ce mécanisme permet actuellement aux entrepreneurs de différer l’imposition des plus-values lors de la cession de titres à une holding qu’ils contrôlent. Les réorganisations patrimoniales s’effectuent ainsi sans déclenchement fiscal immédiat.
Une réforme qui fait bondir les professionnels
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoyait initialement de rendre l’impôt sur le revenu exigible immédiatement. Cette taxation interviendrait dès les donations ou successions, mettant fin au report d’imposition.
L’exécutif justifie cette réforme en pointant une utilisation détournée du dispositif. Selon Bercy, certains contribuables exploitent ce mécanisme uniquement pour optimiser leurs transmissions patrimoniales, sans véritable objectif économique.
Une explosion des montants en jeu
Les chiffres témoignent d’une progression spectaculaire. Les plus-values placées en report ont bondi entre 2021 et 2023, passant de 17 à 34 milliards d’euros.
Ces montants concernent principalement les 0,01 % des contribuables les plus aisés. Cette concentration explique la volonté gouvernementale d’encadrer davantage le dispositif.
Un recul face aux alertes du secteur économique
Roland Lescure reconnaît la nécessité d’éviter les dérives sans fragiliser la transmission d’entreprise. Le ministre envisage désormais un ajustement du texte initial.
Le Meti dénonce une disposition qui risque d’alourdir considérablement le coût de la transmission des entreprises familiales. L’organisation patronale demande un retrait pur et simple de la mesure.
Des conséquences redoutées par les experts
Le cabinet EY met en garde contre une transformation profonde des stratégies patrimoniales. La réforme bouleverserait les coûts et les modalités de transmission habituellement pratiqués.
Les professionnels craignent un effet dissuasif sur les opérations de restructuration nécessaires au développement des entreprises.
Un enjeu majeur pour l’économie française
Une étude réalisée par Bpifrance révèle l’ampleur du défi à venir. D’ici 2030, 370 000 entreprises seront susceptibles de changer de propriétaires sur le territoire national.
Le sujet transcende largement la question des grandes fortunes. Les PME et les structures familiales sont également concernées par ces transmissions d’activité.
L’équilibre recherché par le gouvernement reste délicat : lutter contre l’optimisation fiscale sans pénaliser la continuité économique des entreprises françaises.

