Le choc fiscal qui menace l’avenir du transport aérien en France

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Le gouvernement vient de dévoiler son projet de loi de finances, et l’onde de choc traverse l’ensemble du secteur aérien. Compagnies et aéroports espéraient une pause fiscale dans un contexte économique tendu. Ils découvrent au contraire une multiplication des prélèvements qui pourrait fragiliser durablement l’activité.

Une déception à la hauteur des attentes

Les professionnels du transport aérien ne cachent pas leur amertume. Thomas Juin, qui préside l’Union des aéroports français (UAF), l’exprime sans détour : « On était persuadé qu’il y aurait une pause fiscale. »

Le contexte international joue pourtant en défaveur du secteur. La crise au Moyen-Orient provoque une flambée du prix du kérosène, tandis que les coûts d’exploitation grimpent inexorablement.

Trois nouvelles mesures qui inquiètent

Un triplement de la taxe d’infrastructure

La taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance (TEITLD) connaît une augmentation spectaculaire. Son taux passe de 4,6 % à un maximum de 12,2 %.

Les compagnies aériennes devront débourser jusqu’à 300 millions d’euros supplémentaires d’ici 2027. Une charge que l’UAF qualifie d’« aberration » dans le contexte actuel.

Le kérosène durable financé par les fournisseurs

Les fournisseurs de kérosène devront contribuer au financement des projets de carburants durables. Cette mesure suscite des craintes légitimes : les professionnels redoutent que ces coûts ne se répercutent directement sur les tarifs des compagnies.

La sûreté coûtera plus cher aux passagers

Le tarif de sûreté et de sécurité (T2S) augmente sensiblement. Il passera de 20 à 22 euros en 2026. Plus problématique encore, cette taxe s’étendra aux aéroports de moins de 700 000 passagers par an.

Les plateformes régionales craignent pour leur attractivité. Certaines liaisons aériennes pourraient disparaître, privant des territoires entiers de connexions vitales.

Une politique jugée incompréhensible

La Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM) juge cette proposition fiscale inconséquente. Elle pointe du doigt la contradiction entre la conjoncture difficile et l’alourdissement de la pression fiscale.

Vincent Capo-Canellas, sénateur, critique vertement la stratégie gouvernementale. Selon lui, cette politique fiscale affaiblit l’économie au lieu de la soutenir.

Des régions menacées d’isolement

L’aviation souffre d’une image dégradée. Beaucoup la perçoivent comme un transport réservé aux privilégiés, particulièrement en raison de son impact sur les émissions de CO2.

Pourtant, cette vision occulte une réalité cruciale. De nombreuses régions enclavées dépendent des liaisons aériennes pour leur développement économique. L’absence d’alternatives ferroviaires performantes rend ces connexions indispensables.

Thomas Juin tire la sonnette d’alarme. Il prévient que l’augmentation de la fiscalité pourrait pousser certaines compagnies à se retirer de zones entières du territoire, aggravant les inégalités territoriales.

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