Le marché immobilier français traverse une période de turbulences. Entre la baisse des prix et la remontée des taux de crédit, les acheteurs potentiels se retrouvent face à un dilemme : sauter le pas dès maintenant ou patienter jusqu’en 2027 dans l’espoir de conditions plus favorables ?
Une tendance baissière qui se confirme
Les chiffres du deuxième trimestre 2026 révèlent un recul de 1% des tarifs des logements anciens comparé au trimestre précédent. Sur une année complète, le repli atteint 0,8%.
Les maisons accusent le coup avec une diminution de 1,3%, tandis que les appartements résistent mieux avec seulement 0,1% de baisse. Cette tendance s’accentue : 60% des notaires observent désormais une correction tarifaire, contre 52% trois mois plus tôt.
Les grandes surfaces plus touchées
Les appartements familiaux de grande taille subissent davantage la pression à la baisse que les petites surfaces. Toutefois, les professionnels du secteur écartent tout scénario catastrophe.
Un effondrement généralisé reste improbable. Les corrections massives de 10%, 15% ou 20% ne figurent pas au programme selon les experts.
Le crédit immobilier se renchérit
En juillet 2026, le taux moyen des nouveaux crédits s’établit à 3,30%. Cette hausse découle directement des décisions de la Banque centrale européenne, qui a relevé ses taux directeurs.
La tendance haussière pourrait se poursuivre dans les mois à venir. Chaque point supplémentaire grignote 10% du pouvoir d’achat immobilier des ménages.
Les primo-accédants toujours présents
Malgré ce contexte moins favorable, les primo-accédants représentent 43,9% de la production de crédits immobiliers en juillet 2026. Les conditions d’accès au crédit demeurent jugées favorables malgré la remontée.
Sur les douze mois se terminant fin juin 2026, 958 000 transactions de logements anciens ont été enregistrées. Ce volume traduit une activité en hausse par rapport à l’année précédente.
Acheter maintenant ou attendre 2027
Les grandes décisions d’achat doivent reposer sur des besoins concrets : déménagement professionnel, évolution familiale ou changement de vie. L’approche spéculative comporte des risques.
Espérer simultanément une baisse supplémentaire des prix et un retour aux taux de crédit très bas relève de l’incertitude. Parier sur 2027 constitue avant tout une stratégie spéculative concernant l’évolution conjointe des prix et des taux.
Un pouvoir de négociation variable
Dans certains secteurs géographiques, les acheteurs conservent une marge de manœuvre pour négocier. Cette situation varie toutefois fortement selon les zones et les types de biens.
L’attente prolongée comporte également un coût d’opportunité : loyers versés, impossibilité de se constituer un patrimoine ou de bénéficier d’une résidence principale adaptée à ses besoins.

