Face à l’immense vague de transmission patrimoniale qui s’annonce en France, la profession notariale monte au créneau. Les professionnels du droit proposent une refonte ambitieuse de la fiscalité des donations pour accompagner les transferts de richesse entre générations.
Un allègement fiscal majeur pour les donations jusqu’à 500 000 euros
Les notaires plaident pour une réforme en profondeur du barème des droits de donation. Leur proposition phare vise à diviser par deux la charge fiscale pour de nombreuses familles.
Actuellement, les familles s’acquittent de droits variant de 5% à 20% sur les sommes transmises entre 15 000 et 500 000 euros. Le nouveau dispositif envisagé ramènerait le taux maximum à 10% sur cette même tranche.
Cette mesure préserverait néanmoins le caractère progressif de l’impôt : plus le montant donné augmente, plus la taxation grimpe. En revanche, les transmissions dépassant le demi-million d’euros conserveraient leur régime actuel.
Neveux et nièces enfin mieux traités
L’initiative dépasse le cadre traditionnel des donations entre parents et enfants. Les notaires souhaitent également faciliter les transmissions vers les neveux et nièces, aujourd’hui pénalisés par une imposition pouvant atteindre 55%.
Cette ouverture répond aux évolutions des structures familiales modernes. Elle permettrait d’adapter la législation aux nouvelles configurations familiales et de renforcer la solidarité intergénérationnelle.
Une vague patrimoniale sans précédent se profile
Le contexte justifie pleinement cette réflexion. La France s’apprête à vivre une période historique en matière de transmission de patrimoine.
Selon les estimations du Congrès des notaires, environ 9 000 milliards d’euros pourraient changer de mains d’ici 2040. Ce transfert colossal correspond au passage de témoin des générations du baby-boom vers leurs descendants.
Une réforme pour moderniser la solidarité familiale
Les professionnels du notariat inscrivent leur proposition dans une vision pragmatique. Ils constatent que les modèles familiaux ont profondément évolué et que la fiscalité doit suivre cette transformation.
L’objectif affiché reste double : simplifier les démarches de transmission patrimoniale et adapter la fiscalité aux réalités contemporaines des familles françaises.

