Le placement favori des Français pourrait connaître une transformation majeure. Alors que plus de 58 millions de personnes détiennent ce produit d’épargne réputé pour sa sécurité, le gouvernement envisage de rehausser significativement son plafond pour mobiliser des fonds destinés à l’adaptation climatique.
Une hausse du plafond pour financer l’urgence climatique
La ministre de la Transition écologique et de la Biodiversité a dévoilé dans une interview aux Echos une piste audacieuse. Le plafond du Livret A passerait de 23 000 à 30 000 euros.
Cette mesure vise à débloquer des ressources financières supplémentaires. Les fonds collectés alimenteraient la Caisse des dépôts, qui accorderait des prêts à long terme pour financer l’adaptation au changement climatique.
L’été a multiplié les épisodes climatiques extrêmes et les canicules à répétition. Le gouvernement explore désormais différentes options pour répondre à ces défis environnementaux.
Un contexte marqué par l’urgence environnementale
Le ministre de l’Économie a évoqué «un impact absolument terrifiant» des canicules récentes. Sébastien Lecornu a confié à Monique Barbut la mise en œuvre d’un Plan national d’adaptation au changement climatique.
Cette dernière a souligné que «personne n’était mieux préparé que nous» en Europe, tout en insistant sur la nécessité de mobiliser des financements conséquents.
Le Livret A traverse une période difficile
Le placement préféré des Français pendant des décennies traverse une phase délicate. En juin dernier, les retraits ont excédé les versements de 5,93 milliards d’euros, du jamais vu depuis 2008.
L’assurance-vie attire désormais davantage les épargnants. Malgré cette désaffection, plus de huit Français sur dix possèdent encore ce livret.
Les caractéristiques du placement
Chaque Français peut ouvrir un seul Livret A, sans condition d’âge. Le montant minimal requis s’établit à dix euros.
Les intérêts sont calculés deux fois par mois, le 1er et le 16. Le taux subit généralement une réévaluation biannuelle, le 1er février et le 1er août, selon l’inflation ou les recommandations de la Banque de France.
Le taux s’élevait à 1,5% en février dernier avant d’atteindre 1,7% le 1er août. La formule intègre la moyenne du taux interbancaire de la zone euro et l’évolution de l’indice des prix à la consommation.
Depuis 2013, le plafond maximal reste fixé à 22 950 euros, sauf pour les associations, syndicats et organismes d’HLM.
Pas de nouvelle taxe pour les épargnants
La ministre de la Transition écologique a tenu à rassurer les Français. Le relèvement du plafond ne constituerait «pas d’une taxe».
Elle a précisé dans Les Echos : «Il ne s’agit pas de demander aux Français de payer un impôt supplémentaire.»
La Caisse des Dépôts aurait «accueilli favorablement» cette proposition selon les informations relayées par l’AFP.
Une mesure encore en discussion
La proposition n’a été ni «arbitrée par Matignon, ni approuvée par Bercy». Elle fait partie des pistes explorées par l’exécutif pour répondre aux enjeux climatiques.
Les autorités examinent actuellement plusieurs options pour dégager les marges de financement nécessaires à l’adaptation environnementale du pays.

