La situation financière des étudiants français ne cesse de se dégrader. Un nouveau rapport dévoile une réalité préoccupante : le montant que doivent débourser chaque mois les jeunes en études supérieures atteint désormais des sommets, avec des conséquences directes sur leur parcours académique et leur quotidien.
Une facture mensuelle en hausse constante
L’UNEF vient de publier son étude annuelle sur la précarité étudiante. Les chiffres révèlent une augmentation de 74 euros du reste à charge mensuel pour les étudiants, qui s’établit maintenant à 1 300 euros.
Cette progression s’explique par la hausse généralisée des dépenses essentielles. Les loyers représentent le poste le plus lourd du budget estudiantin.
Le logement, premier facteur de précarité
Dans le secteur privé, le loyer moyen atteint 627,11 euros mensuels, soit une progression de 2,87%. Les résidences du Crous affichent un tarif plus accessible à 426,36 euros par mois, mais enregistrent tout de même une augmentation de 1,04%.
Les étudiants non boursiers doivent par ailleurs consacrer 278,59 euros en moyenne pour leurs déplacements, un montant en hausse de 2,29%.
Des inégalités qui se creusent
L’inflation touche également l’alimentation avec une augmentation de 0,87%. Les frais d’inscription universitaire ont explosé depuis 2017, affichant une progression de 37%.
La CVEC (Contribution de vie étudiante et de campus) est passée de 90 à 105 euros, alourdissant encore la facture annuelle.
Les étudiants étrangers doublement pénalisés
Les étudiants extracommunautaires subissent un coût deux fois plus élevé. La suppression des APL et l’instauration de frais d’inscription différenciés les placent dans une situation particulièrement difficile.
Les jeunes originaires des Outre-mer ne sont pas épargnés. Ils dépensent entre 314 et 408 euros supplémentaires par an comparativement aux étudiants de l’Hexagone.
Des abandons en série faute de moyens
Cette spirale inflationniste contraint de nombreux étudiants à travailler parallèlement à leurs études. D’autres abandonnent purement et simplement leur formation par manque de ressources financières.
Le syndicat étudiant pointe du doigt le manque chronique de financement des universités et la pression budgétaire exercée sur le Crous.
Un bilan sévère pour le gouvernement
L’UNEF dénonce un “désengagement de l’État” dans ses missions de service public pour l’enseignement supérieur. L’organisation fustige l’absence de mise en œuvre de la réforme des bourses promise.
Les engagements concernant la construction de nouveaux logements étudiants n’ont pas été tenus, aggravant la crise du logement que traversent les jeunes en formation.

