La situation de l’emploi continue de se dégrader dans l’Hexagone. Les derniers chiffres publiés révèlent une augmentation inquiétante du nombre de personnes sans activité professionnelle, tandis que les jeunes apparaissent comme les principales victimes de cette dégradation du marché du travail.
Une hausse significative du nombre de demandeurs d’emploi
Au cours du deuxième trimestre, la France comptabilise 3,323 millions de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, soit ceux qui n’exercent aucune activité. Cette catégorie enregistre une progression de 0,8% par rapport aux trois mois précédents.
Toutefois, en appliquant un périmètre corrigé qui exclut les nouvelles inscriptions automatiques et l’absence de radiation, cette hausse se transforme en une légère baisse de 0,2%. Un ajustement qui souligne les limites de l’interprétation des données brutes.
Les demandeurs en activité réduite également en augmentation
L’ensemble des catégories A, B et C, qui incluent les personnes en activité réduite, atteint 5,801 millions d’inscrits. Cette population connaît une augmentation de 1,3% sur le trimestre.
Après correction méthodologique tenant compte des nouvelles inscriptions et des non-radiations, cette progression s’établit à 0,4%. Ces chiffres témoignent d’une précarité persistante sur le marché de l’emploi français.
Une progression annuelle particulièrement marquée
Sur un an, la tendance demeure préoccupante. La catégorie A affiche une augmentation de 3,1%, tandis que l’ensemble des catégories A, B et C progresse de 3,2%.
Cette dynamique révèle des difficultés structurelles qui pèsent durablement sur les capacités d’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi.
Les jeunes massivement touchés par la dégradation
Les statistiques concernant les jeunes sont particulièrement alarmantes. Pour la catégorie A, leur nombre bondit de 5,9% en un an, alors que l’ensemble des catégories A, B et C enregistre une hausse de 6,3%.
Cette situation illustre les difficultés accrues d’accès au premier emploi et la précarité grandissante qui frappe cette tranche d’âge.
Des mouvements contrastés dans les dispositifs d’accompagnement
Le nombre de nouveaux inscrits en attente d’orientation, classés en catégorie G, diminue pour atteindre 447.700 personnes. Cette baisse suggère une amélioration des délais de prise en charge initiale.
Parallèlement, les inscrits orientés vers un parcours social progressent à 540.600. Cette augmentation reflète une reconnaissance accrue des difficultés sociales qui peuvent constituer des freins à l’emploi.
Une réforme du CPF à l’horizon
Dans ce contexte morose, une réforme du Compte Personnel de Formation se profile. Le projet envisagé imposerait l’accord préalable de l’employeur ou de France Travail pour qu’un demandeur d’emploi puisse suivre une formation.
Cette modification vise à mieux encadrer l’utilisation des fonds de formation, mais soulève des interrogations quant à l’autonomie des demandeurs d’emploi dans leur parcours de reconversion professionnelle.

