Le partage de sa piscine avec des particuliers séduit de plus en plus de Français. Cette nouvelle forme d’économie collaborative permet aux propriétaires de bassins de transformer leur équipement en source de revenus durant l’été. Mais derrière ces gains attractifs se cache une réalité fiscale complexe que beaucoup ignorent encore.
Un business estival qui rapporte gros
Les plateformes spécialisées comme Swimmy connaissent un engouement croissant. Les propriétaires perçoivent entre 100 et 120 euros en moyenne par réservation, ce qui peut générer des sommes importantes sur une saison.
Les périodes de forte chaleur dopent particulièrement l’activité. Certains propriétaires ont empoché entre 4 000 et 5 000 euros avant même le mois de juillet lors des épisodes caniculaires.
Ces gains potentiels de plusieurs milliers d’euros par été séduisent de nombreux détenteurs de piscines. Mais l’administration fiscale surveille de près cette manne financière.
Le fisc dans le grand bain des plateformes
Les revenus générés par la location de piscines n’échappent pas au contrôle fiscal. L’administration refuse de les considérer comme des gains discrets ou occasionnels.
Le dispositif DAC7 impose aux plateformes de collecter et transmettre automatiquement les données des hôtes et leurs revenus à la Direction générale des finances publiques. Un système de surveillance efficace qui rend toute dissimulation quasi impossible.
Chaque propriétaire reçoit un récapitulatif des montants perçus avant le 31 janvier de l’année suivante. Ce document permettra de remplir sa déclaration fiscale en toute transparence.
Quelle catégorie fiscale pour votre piscine ?
Revenus fonciers ou BIC : tout dépend des prestations
La nature des services proposés détermine le régime fiscal applicable. Une simple mise à disposition du bassin relève des revenus fonciers.
En revanche, dès que des services s’ajoutent – prêt de matériel, collation, ménage – ou qu’un pool house est inclus, la location bascule dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
Les régimes simplifiés accessibles aux particuliers
Le régime micro-foncier s’applique lorsque les loyers bruts restent sous le plafond de 15 000 euros annuels. Il offre un abattement forfaitaire de 30 %.
Pour les revenus classés en BIC ne dépassant pas environ 77 700 euros par an, le régime micro-BIC propose un abattement de 50 %. Une option intéressante pour les propriétaires actifs.
Bonne nouvelle : les revenus inférieurs à 305 euros par an peuvent bénéficier d’une exonération fiscale.
Gare aux confusions sur les seuils
Plusieurs montants circulent et créent de la confusion chez les propriétaires. Le seuil de 2 000 euros concerne uniquement l’obligation pour les plateformes de transmettre les informations, pas une quelconque exonération.
Le montant de 760 euros s’applique exclusivement à certaines locations de pièces dans la résidence principale. Ce seuil ne concerne absolument pas les piscines.
Pour éviter toute erreur, il convient de consulter les règles spécifiques sur les sites impots.gouv.fr ou service-public.fr. Chaque plateforme peut également fournir des informations adaptées à son fonctionnement.

