L’attente se prolonge pour des milliers de futures retraitées françaises. Alors que la Caisse nationale d’assurance vieillesse avait promis la publication de deux textes réglementaires cruciaux mi-mai, rien n’est encore paru. Cette situation bloque les dossiers et prive de nombreuses mères de droits attendus depuis des mois.
Deux textes réglementaires attendus depuis des mois
La Cnav avait annoncé la parution imminente de deux décrets essentiels pour les droits à la retraite des femmes. Aucun de ces textes n’a été publié au Journal officiel, laissant les futures bénéficiaires dans l’incertitude.
Le premier décret devait permettre l’intégration de deux trimestres liés aux enfants dans la durée cotisée pour les carrières longues. Cette mesure concernerait entre 6 000 et 12 000 assurées supplémentaires qui pourraient accéder au départ anticipé.
Le second texte prévoit le recalcul de la pension des mères sur une période réduite : 24 années pour un enfant, 23 pour deux ou plus. Cette modification entraînerait une augmentation mécanique de la pension de base.
Des systèmes informatiques à l’arrêt
Sans publication officielle, les caisses de retraite restent paralysées. Elles ne peuvent ni calculer les trimestres enfants en carrière longue ni procéder aux recalculs sur 23 ou 24 ans.
Les systèmes informatiques n’ont pas été mis à jour et les dossiers des futures retraitées s’accumulent en attente de traitement. Pour un départ prévu au 1er septembre, le premier paiement ne pourrait intervenir qu’au 9 octobre 2026, après l’actualisation des logiciels.
Un plafond fixé à deux trimestres
Le premier décret établit une limite claire : seuls deux trimestres de majoration pour maternité, éducation ou congé parental seront comptabilisés. Ce plafond s’applique quel que soit le nombre d’enfants élevés.
La génération 1964 particulièrement pénalisée
Les femmes nées en 1964 subissent un préjudice documenté par SeniorActu. Elles ont perdu la surcote parentale de 5 %, une situation qui affecte entre 50 000 et 80 000 mères.
Celles nées entre janvier 1964 et mars 1965 se trouvent dans un véritable piège administratif. Elles ne peuvent cumuler la surcote parentale et la surcote classique, contrairement aux générations précédentes.
Cette rupture d’égalité découle du changement de l’âge légal, passé de 63 ans à 62 ans et 9 mois. Les conséquences financières sont lourdes : environ 100 € de perte mensuelle nette pour les assurées concernées.
Que faire en attendant la publication ?
Les futures retraitées peuvent dès maintenant vérifier les trimestres de majoration pour enfant figurant sur leur relevé de carrière. Cette démarche permet d’anticiper les calculs futurs.
Pour les femmes nées entre janvier 1964 et mars 1965, l’âge légal est fixé à 62 ans et 9 mois. Si vous comptiez sur le cumul des deux surcotes, il est recommandé de demander une simulation actualisée auprès de votre caisse.
L’attente se poursuit donc pour ces milliers de mères qui espèrent faire valoir leurs droits. La publication des décrets reste le préalable indispensable au déblocage de cette situation.

