L’explosion des engins de déplacement personnel motorisés dans les rues françaises s’accompagne d’une dérive inquiétante. Entre infractions massives et accidents corporels en série, les autorités tirent la sonnette d’alarme face à un phénomène qui pèse lourdement sur la collectivité.
Une explosion des infractions liées à la non-assurance
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, les forces de l’ordre ont dressé 268 000 procès-verbaux pour défaut d’assurance, soit une augmentation spectaculaire de 76% en un an. Cette flambée témoigne de l’ampleur du phénomène.
Sur les 3 millions de trottinettes électriques en circulation, deux tiers roulent illégalement sans couverture d’assurance. Un constat alarmant qui place ces usagers hors-la-loi et expose les autres usagers à des risques majeurs.
Les EDPM au cœur des accidents graves
Ces engins représentent désormais 8,3% des accidents pour lesquels le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires intervient. Ils arrivent ainsi en deuxième position, juste derrière les automobiles.
Le FGAO a pris en charge 7 500 victimes d’accidents corporels provoqués par des conducteurs sans assurance ou ayant pris la fuite. Parmi elles, 177 personnes décédées ont été indemnisées, marquant une hausse de 5,4% par rapport à 2024.
Un cadre légal pourtant clair
La législation ne laisse aucune place au doute. Tout véhicule motorisé doit être assuré, qu’il s’agisse de trottinettes électriques, d’hoverboards ou de gyroroues.
Cette obligation légale vise à protéger l’ensemble des usagers de l’espace public et à garantir une indemnisation en cas d’accident.
Des sanctions progressives mais dissuasives
Les contrevenants s’exposent à une amende forfaitaire de 750 euros. En cas de récidive, le montant peut grimper jusqu’à 3 750 euros.
Les autorités peuvent également prononcer des peines complémentaires : suspension ou annulation du permis de conduire, confiscation du véhicule. Pour les récidivistes, la sanction pénale atteint 7 500 euros d’amende, assortie de mesures supplémentaires.
Un coût assumé par la collectivité
“La non-assurance est un fléau pour la collectivité”. Cette réalité se traduit par des chiffres édifiants. En 2025, le FGAO a versé plus de 132 millions d’euros, en hausse de 25% depuis 2018.
Ce sont finalement les assurés automobiles qui supportent cette charge via leur contribution au fonds de garantie. Un système solidaire détourné de son objectif initial par l’irresponsabilité d’une partie des utilisateurs d’EDPM.

