Le réchauffement climatique ne se contente plus de bouleverser les écosystèmes. Il frappe désormais de plein fouet l’économie française. Les températures extrêmes, les incendies et les inondations pèsent lourdement sur la prospérité du pays, alertent les autorités monétaires.
Un impact économique qui ne peut plus être ignoré
Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, tire la sonnette d’alarme. Les vagues de chaleur exercent un effet négatif sur la croissance à moyen terme, selon ses déclarations récentes.
Si les conséquences à court terme semblent “un peu ambigus”, le bilan reste préoccupant. La productivité chute tandis que la consommation énergétique s’envole avec l’utilisation massive de la climatisation.
Des catastrophes naturelles en cascade
Le gouverneur ne limite pas son analyse aux seules canicules. “C’est le cas aussi des incendies, mais aussi des inondations”, précise-t-il, soulignant la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes.
La France enregistre désormais quatre fois plus de jours de canicule cette dernière décennie que dans les années 1980, selon le Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique.
Le secteur financier en première ligne
Le changement climatique représente “un risque important” pour la Banque de France et la Banque centrale européenne (BCE), insiste Emmanuel Moulin.
Ce danger plane “en particulier sur le secteur financier puisque ça impacte les actifs des banques, les bilans des banques et les assurances”. Les établissements bancaires se retrouvent directement exposés aux dégâts causés par les bouleversements environnementaux.
Des prévisions économiques alarmantes
La Banque de France a revu à la baisse ses anticipations pour 2026. L’institution table désormais sur une activité nulle au deuxième trimestre, un signal inquiétant pour l’économie nationale.
Une étude d’Allianz Trade publiée mi-juin va plus loin. Elle évalue à 210 milliards d’euros la perte de richesse nationale d’ici 2030 si les années les plus torrides de la décennie passée se reproduisaient.
La nécessité d’investir massivement
Face aux chocs énergétiques et aux événements climatiques extrêmes, Emmanuel Moulin juge “important de continuer à investir dans la décarbonation et dans l’adaptation”.
Le gouverneur appelle à une mobilisation générale. “Il faut que le secteur financier y contribue. Ce n’est pas seulement de l’argent public qui doit être mobilisé”, martèle-t-il, réclamant un engagement du secteur privé.

