La réforme destinée à alléger le fardeau financier des familles endeuillées vient de subir un sérieux revers. Une décision juridique majeure remet en question les dispositions votées par les parlementaires en début d’année.
Une mesure controversée jugée inconstitutionnelle
Les Sages de la rue de Montpensier ont tranché. Le Conseil constitutionnel a invalidé plusieurs articles de la loi visant à éliminer les frais bancaires prélevés lors des successions, particulièrement celles concernant des enfants disparus.
Les magistrats ont estimé que cette interdiction totale de facturation constituait une mesure « contraire à la Constitution ». Cette décision intervient quelques mois après l’adoption du texte législatif qui entendait mettre fin à ce que beaucoup qualifiaient de « taxe sur le deuil ».
Les héritiers de mineurs décédés au cœur du débat
Le dispositif initial prévoyait deux avancées majeures. D’une part, il instaurait la gratuité totale pour les transmissions patrimoniales impliquant un mineur défunt.
D’autre part, il supprimait toute facturation pour les successions dont le montant restait inférieur à 5 910 euros. Ces dispositions visaient à protéger les familles les plus vulnérables dans des moments déjà éprouvants.
Une contestation bancaire victorieuse
La Caisse d’épargne Grand Est Europe a lancé l’offensive juridique. L’établissement financier a formulé une question prioritaire de constitutionnalité pour contester la légalité du texte.
Les juges constitutionnels lui ont donné raison sur un point essentiel. Ils ont considéré que l’interdiction absolue de percevoir des frais portait « une atteinte disproportionnée à la liberté d’entreprendre et à la liberté contractuelle ».
Un équilibre trouvé avec le plafonnement
Néanmoins, la décision n’annule pas totalement les protections pour les héritiers. Le Conseil a maintenu la validité d’un encadrement strict des tarifs bancaires.
Dans les situations où la gratuité ne s’applique pas, les établissements pourront facturer leurs services. Toutefois, ces frais resteront limités à 1% des sommes détenues, avec un plafond maximum défini par décret.
Une victoire partielle pour les consommateurs
Cette disposition de plafonnement a résisté à l’examen constitutionnel. Malgré l’opposition de la banque à l’origine du recours, les Sages ont jugé cet encadrement conforme aux principes constitutionnels.
Les familles ne bénéficieront donc pas de l’exonération totale espérée, mais conservent une protection contre les abus tarifaires lors du règlement des successions.

