Nouveau congé parental en France : jusqu’à deux mois rémunérés dès 2026

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La France s’apprête à franchir une étape majeure en matière de politique familiale. Un dispositif inédit permettra bientôt aux parents de bénéficier d’un temps supplémentaire auprès de leur nouveau-né, avec une compensation financière à la clé. Cette mesure, inscrite dans le cadre budgétaire de la Sécurité sociale, vise à transformer en profondeur l’accompagnement des familles lors des premiers mois de vie de l’enfant.

Un dispositif complémentaire aux congés existants

Ce nouveau congé parental s’inscrit en complément des dispositifs déjà en vigueur. Les parents pourront choisir entre un ou deux mois supplémentaires après la naissance ou l’adoption de leur enfant. Cette période s’ajoute aux 16 semaines de congé maternité et aux 28 jours de congé paternité actuellement accordés.

La flexibilité constitue l’une des clés de ce nouveau système. Les parents auront la possibilité de prendre ce congé simultanément ou en alternance, selon leurs besoins et leur organisation familiale. Le fractionnement en deux périodes d’un mois reste également possible.

À l’issue de ce congé, les familles conservent la possibilité de recourir au congé parental traditionnel, accessible jusqu’aux trois ans de l’enfant.

Qui pourra en bénéficier ?

L’accès à ce dispositif se veut universel. Tous les parents dont l’enfant naîtra ou sera adopté à partir du 1er janvier 2026 y auront droit, quelle que soit leur situation professionnelle.

Le périmètre d’application couvre un large éventail de statuts : salariés du secteur privé, indépendants, fonctionnaires, contractuels de la fonction publique, militaires, non-salariés agricoles et assurés des régimes spéciaux.

Des conditions d’éligibilité élargies

Cette ouverture sans distinction de statut professionnel marque une évolution notable dans la politique familiale française. Elle garantit une équité de traitement entre les différentes catégories de travailleurs.

Quelle rémunération pendant le congé ?

Le système d’indemnisation varie selon la durée choisie. Pour les salariés et les fonctionnaires, le premier mois sera rémunéré à hauteur de 70% du salaire net, tandis que le second mois descendra à 60% de la rémunération nette.

Un plafond s’applique toutefois : les indemnités ne pourront excéder le plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 euros au 1er janvier 2026. Ce même plafond régit déjà les congés maternité et paternité.

Les travailleurs indépendants bénéficieront d’une indemnité journalière forfaitaire, dont le montant s’adapte à leur statut spécifique. À titre de comparaison, le congé parental classique n’offre qu’environ 450 euros mensuels.

Calendrier de mise en œuvre

La prise effective de ce congé débutera le 1er juillet 2026, même si l’éligibilité court dès le 1er janvier 2026. Un régime transitoire accompagne ce démarrage progressif.

Les parents dont l’enfant naîtra entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 disposeront d’un délai étendu : ils pourront utiliser leur congé jusqu’en avril 2027. Pour les naissances ou adoptions survenant à partir du 1er juillet 2026, le congé devra être pris dans les neuf mois suivants.

Modalités de demande auprès de l’employeur

Les bénéficiaires devront notifier leur employeur au moins un mois à l’avance. Ce délai se réduit à 15 jours lorsque le congé de naissance suit directement le congé paternité. Des prolongations restent envisageables en cas de naissances multiples ou si la convention collective de l’entreprise le prévoit.

Les ambitions politiques du dispositif

Emmanuel Macron avait présenté cette mesure comme un outil de « réarmement démographique ». Le gouvernement poursuit plusieurs objectifs à travers ce nouveau congé : soutenir la natalité, progresser vers l’égalité entre femmes et hommes, et faciliter l’articulation entre vie professionnelle et vie familiale.

L’épanouissement de l’enfant durant ses premiers mois constitue également une priorité affichée. Le dispositif entend offrir aux parents davantage de temps de présence auprès de leur nouveau-né, une période jugée cruciale pour le développement infantile.

Premières réactions contrastées

L’Union nationale des associations familiales (Unaf) salue cette avancée tout en formulant des réserves. L’organisation souhaiterait une couverture étendue sur l’ensemble de la première année de vie de l’enfant.

Du côté des associations féministes, les critiques portent principalement sur deux aspects : la durée totale du congé, jugée insuffisante, et le niveau d’indemnisation, considéré comme trop faible pour encourager une réelle adoption du dispositif par les pères.

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