La France pensait avoir trouvé la parade pour réguler l’afflux massif de colis en provenance d’Asie. Pourtant, les grandes plateformes de commerce en ligne ont rapidement développé une stratégie pour contourner la nouvelle fiscalité. Un coup dur pour l’État qui espérait renflouer ses caisses de plusieurs centaines de millions d’euros.
Une taxe française déjouée par les plateformes
Depuis le 1er mars, chaque article commandé dans un colis de moins de 150 euros fait l’objet d’une taxe de deux euros. Cette mesure visait directement les mastodontes du e-commerce comme Temu, Shein et AliExpress.
L’objectif affiché dans la loi de finances était ambitieux : générer 400 millions d’euros de recettes supplémentaires sur l’année 2026. Mais la réalité du terrain s’avère bien différente.
Un contournement massif via l’Europe
Les chiffres communiqués par Florian Colas, directeur général des Douanes, révèlent l’ampleur de la manœuvre. Environ 90% des volumes ont été déportés depuis l’entrée en vigueur de la taxe.
Concrètement, les plateformes expédient désormais leurs petits paquets vers d’autres pays européens. Ces derniers servent de point de transit avant l’acheminement final vers les consommateurs français.
Les déclarations de colis ont chuté drastiquement : elles sont passées de 500 000 à environ 50 000 par jour. Le rendement mensuel plafonne ainsi à 2,3 millions d’euros, loin des prévisions initiales.
L’Europe prépare sa riposte
Face à cette stratégie d’évitement, Bruxelles s’apprête à durcir le ton. Dès juillet, un droit de douane européen de 3 euros par type d’article entrera en application.
Une seconde mesure complètera le dispositif : des frais de traitement pour les petits colis importés dans l’Union européenne. Cette disposition devra être mise en œuvre au plus tard en novembre.
Harmonisation nécessaire entre États membres
L’harmonisation des dispositifs entre les différents pays européens constitue un enjeu majeur. Florian Colas reconnaît que la coordination avec les partenaires européens n’a pas fonctionné comme prévu.
Le directeur général des Douanes souligne également que le chiffre initialement prévu dans la loi de finances doit être actualisé pour refléter la réalité du terrain.
La France pousse pour accélérer le calendrier
Roland Lescure, ministre de l’Économie, multiplie les démarches auprès de ses homologues européens. Son objectif : anticiper la mise en place des frais de gestion bien avant l’échéance de novembre.
Cette concertation européenne vise à éviter que les plateformes chinoises ne trouvent de nouvelles failles dans le système. Une course contre la montre s’engage entre régulateurs et géants du commerce en ligne.

