Alors que la loi devait bloquer toute augmentation tarifaire, la réalité sur le terrain raconte une tout autre histoire. Les assurés constatent des hausses significatives de leurs cotisations de complémentaire santé, provoquant un tollé chez les associations de consommateurs.
Une enquête qui révèle une pratique généralisée
L’association Que Choisir a mené l’enquête et les résultats sont sans appel. Sur 3.067 réponses collectées et analysées, près de 98,52 % des participants déclarent subir une augmentation de leur cotisation.
Les chiffres donnent le vertige. La hausse moyenne atteint 106,21 euros par an pour une personne seule. Les couples, eux, voient leur facture grimper de 198 euros annuels en moyenne.
Pour la moitié des assurés interrogés, l’augmentation reste contenue en-dessous de 56,50 euros. Mais pour l’autre moitié, la note s’avère nettement plus salée.
Les retraités particulièrement touchés
Les personnes âgées se trouvent en première ligne de cette flambée tarifaire. L’âge moyen des répondants s’établit à 66 ans, une population déjà confrontée à des cotisations élevées.
En 2025, les retraités payaient déjà 1.451 euros par an pour leur complémentaire santé. Cette somme grimpe à 1.531 euros pour les personnes de 66 ans et plus.
Contrairement aux actifs, cette catégorie ne bénéficie d’aucune participation de l’employeur. Le poids financier repose intégralement sur leurs épaules, souvent avec des pensions déjà limitées.
Un cadre légal pourtant explicite
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 fixait des règles précises. Elle instaurait une taxe sur les recettes des organismes complémentaires et interdisait formellement toute hausse des tarifs.
Ce gel des cotisations devait protéger les assurés d’une spirale inflationniste. Mais sur le terrain, l’application de cette mesure semble avoir échoué.
Les arguments des organismes complémentaires
Face aux accusations, les mutuelles et assurances défendent leur position. Elles invoquent plusieurs facteurs pour justifier les augmentations constatées.
L’augmentation générale des dépenses de santé figure en tête de leurs arguments. Les organismes pointent également les transferts de remboursements depuis l’Assurance maladie vers les complémentaires.
La progression des coûts dans certains soins spécifiques, notamment dentaires et optiques, complète leur argumentaire. Selon eux, le gel des tarifs serait inapplicable et potentiellement inconstitutionnel.
Que Choisir dénonce l’inaction du gouvernement
L’association de consommateurs ne mâche pas ses mots. Elle pointe du doigt l’absence totale de contrôle et de sanctions de la part des autorités publiques.
Pour Que Choisir, le gouvernement laisse se développer une situation illégale sans réagir. Les assurés se retrouvent donc seuls face à des hausses qu’ils ne peuvent ni contester ni refuser.
Une réaction gouvernementale timide
Du côté du ministère de la Santé, on se montre prudent. Stéphanier Rist, ministre en charge du dossier, indique qu’un examen de la situation est actuellement en cours.
Le gouvernement a saisi le Conseil d’État pour obtenir une analyse juridique approfondie. Cette consultation vise à clarifier le cadre légal et les possibilités d’action.
Mais pour les millions d’assurés concernés, cette démarche administrative ne change rien à la facture qui arrive dans leur boîte aux lettres. L’attente d’une décision juridique ne remboursera pas les sommes déjà prélevées.

