Le secteur des complémentaires santé défie ouvertement la loi. Alors qu’un gel des cotisations a été imposé par le législateur pour 2026, la quasi-totalité des mutuelles a procédé à des hausses tarifaires, laissant les assurés face à des augmentations parfois considérables.
Un gel des tarifs voté mais ignoré par les mutuelles
En décembre dernier, le Parlement a adopté la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Ce texte, enrichi d’un amendement porté par le député Jérôme Guedj, prévoit explicitement l’interdiction d’augmenter les cotisations des complémentaires santé.
Pourtant, les organismes concernés n’ont pas respecté cette contrainte légale. Une enquête menée par Que Choisir Ensemble, anciennement connue sous le nom d’UFC-Que Choisir, révèle que 98,52% des personnes interrogées ont constaté une augmentation de leurs cotisations.
Des hausses qui pèsent lourd sur les budgets
Une augmentation moyenne de plus de 100 euros par an
Les chiffres collectés dressent un tableau préoccupant pour les assurés. L’augmentation moyenne atteint 106,21 euros par an pour une personne seule. Pour les couples, la facture grimpe jusqu’à 198 euros annuels supplémentaires.
Les seniors particulièrement touchés
Les personnes âgées subissent de plein fouet ces augmentations. Contrairement aux actifs qui bénéficient souvent d’une participation employeur, les seniors financent intégralement leur complémentaire santé.
Le tarif moyen pour les plus de 66 ans s’établit désormais à 1.531 euros par an en 2025. Une somme considérable pour des retraités aux revenus souvent limités.
Les arguments des complémentaires santé contestés
Face aux accusations de non-respect de la loi, les mutuelles ne restent pas silencieuses. Elles justifient leurs décisions par l’augmentation des dépenses de santé et des coûts liés aux soins dentaires, optiques et aux audioprothèses.
Certains organismes vont plus loin en invoquant l’inapplicabilité du gel imposé. Ils mettent en avant la liberté d’entreprendre et contestent même la constitutionnalité de cette mesure.
L’absence de sanctions dénoncée
Que Choisir Ensemble pointe du doigt l’inaction des pouvoirs publics. L’association de consommateurs déplore l’absence totale de contrôle gouvernemental et de sanctions à l’encontre des mutuelles contrevenantes.
Pour aider les assurés à réagir, l’organisation propose un courrier type permettant de contester officiellement ces hausses tarifaires. Elle rassure également les adhérents : la simple contestation ne peut entraîner la résiliation du contrat par la mutuelle.
Seul le non-paiement peut justifier une rupture
Les assurés peuvent donc exprimer leur désaccord sans craindre de perdre leur couverture santé. Seul le défaut de paiement des cotisations constitue un motif légitime de résiliation par l’organisme.

