En 2023, la pension moyenne des retraités s’élève à 1 692 € nets par mois. Mais derrière ce chiffre, une réalité bien plus nuancée se dessine. Selon le dernier rapport de la Drees, les montants varient fortement selon le régime de retraite et le parcours professionnel des assurés.
La moyenne nationale : un chiffre trompeur
Si l’on additionne pension de base, complémentaire, réversion et majorations familiales, on obtient une moyenne de 1 692 €. Ce montant progresse doucement d’année en année (1 662 € en 2022 et 1 579 € en 2021). Pourtant, cette moyenne cache de fortes disparités entre catégories de retraités.
Des régimes loin d’être égaux
Les retraités du secteur privé perçoivent
environ 734 € de pension de base et 527 € de complémentaire via
l’Agirc-Arrco.
Les salariés agricoles, eux, doivent se contenter
de 272 €, tandis que les non-salariés agricoles touchent en moyenne
415 €, complétés par 132 €.
Chez les fonctionnaires civils de l’État, la
pension atteint 2 223 € en moyenne, quand les agents de la CNRACL
(collectivités et hôpitaux) touchent 1 400 €. Les
contractuels relevant de l’Ircantec se situent
bien en dessous, avec seulement 140 €.
Les régimes spéciaux affichent 1 786 €, et les
professions libérales environ 1 336 €.
Ces différences tiennent aussi au mode de calcul : dans la fonction publique ou les régimes spéciaux, la pension est globale et non cumulée à une complémentaire, contrairement au régime général.
Une population de retraités en hausse constante
La France comptait 17 millions de retraités de droit
direct fin 2022, soit 175 000 de plus que l’année
précédente. Les femmes représentent 53 % de ce total.
La CNAV verse une pension à 14,4 millions d’entre eux, et 12,4
millions touchent une complémentaire de l’Agirc-Arrco.
Quel avenir pour le système de retraite ?
Au-delà des chiffres, le rapport rouvre le débat sur l’équilibre du système. Faut-il continuer à raisonner en âge légal de départ ou privilégier la durée de cotisation, comme le suggère Gabriel Attal ? Une question qui prend de l’ampleur alors que les écarts entre régimes restent criants.

